Connaissez-vous le renard roux (Vulpes vulpes) ? 

 
C'est le plus grand et le plus répandu des renards, et l'un des carnivores à l'aire de répartition la plus vaste au monde : on le trouve sur la quasi-totalité de l'hémisphère nord, de l'Arctique à l'Afrique du Nord, des forêts boréales aux centres-villes. Il mesure de 50 à 90 cm de long (sans la queue), pour 35 à 40 cm au garrot, et pèse en moyenne 6 kg pour un mâle, un peu moins pour la femelle. Sa queue touffue, terminée en panache blanc, peut mesurer jusqu'à 45 cm. Son pelage, caractéristique, est généralement roux vif sur le dessus, blanc sur la gorge, le ventre et le bout de la queue, avec des pattes et le dos des oreilles noirs. Il existe cependant des variations individuelles notables, certains individus tirant vers le brun foncé ou présentant des livrées presque noires, dites « charbonnières ». 

Ses yeux, jaune-dorés chez l'adulte (bleus chez les renardeaux), ont une pupille verticale — particularité rare chez les canidés, qui le rapproche étonnamment du chat, avec lequel il partage d'autres convergences : vibrisses, technique de chasse, comportements joueurs. Son museau fin et allongé, ses grandes oreilles dressées et ses sens extrêmement développés en font un chasseur hors pair. 

Omnivore et opportuniste, le renard adapte son régime à ce que son territoire lui offre. Ses proies de prédilection sont les rongeurs — campagnols, mulots — qu'il traque à l'affût en utilisant la technique du mulotage : il repère sa proie à l'ouïe, sous la végétation ou même sous la neige, saute à la verticale et retombe sur elle de tout son poids. Il complète son alimentation de lapins, oiseaux, vers de terre, insectes, charognes, et en automne de fruits et de baies. Ce régime varié fait de lui un maillon essentiel de la chaîne alimentaire : en régulant les populations de rongeurs, il rend de précieux services aux écosystèmes agricoles comme forestiers. Il est aussi un disperseur de graines et un ingénieur du sol, dont les terriers creusés sont ensuite réutilisés par d'autres espèces (chat forestier, chauves-souris, lapins). 

Animal principalement solitaire, son organisation sociale est plus complexe qu'il n'y paraît : en milieu riche, il peut former de petits groupes familiaux. Le territoire d'un adulte s'étend de 5 à 50 km² selon la disponibilité des ressources. 

Le rut a lieu en plein hiver, en janvier-février. C'est la période où l'on entend ses cris perçants — une sorte de glapissement strident — résonner dans les nuits froides. Après une gestation de 52 jours, la femelle donne naissance à 3 à 6 renardeaux, aveugles et couverts d'un pelage gris fumé, au fond d'un terrier tapissé d'herbes sèches. Le mâle participe activement à l'élevage des jeunes, apportant de la nourriture à la femelle et aux petits. Vers deux mois, les renardeaux font leurs premières sorties devant le terrier. À cinq mois, ils s'émancipent et partent à la recherche d'un territoire, période particulièrement périlleuse au cours de laquelle la mortalité est élevée. Le renard peut vivre jusqu'à 9 ans en captivité, mais dépasse rarement 3 à 5 ans dans la nature. 

Le renard est présent dans toute la France métropolitaine, des plages aux sommets alpins jusqu'à 2 500 m d'altitude, des campagnes aux centres-villes. Il est commun en Chartreuse, en Vercors et à Belledonne, où on le croise à toutes les altitudes. 


Est-il possible de les observer ? 

Observer un renard roux n'est pas difficile — à condition d'être un peu patient et discret. Les meilleures occasions se présentent à l'aube et au crépuscule, en lisière de forêt, dans les prairies de fauche ou le long des haies. En montagne, il fréquente les alpages et les zones rocailleuses jusqu'à haute altitude.

Au printemps, les abords des terriers sont particulièrement animés : les renardeaux font leurs premières sorties au soleil dès avril-mai et offrent alors des scènes d'observation inoubliables. Pour repérer un terrier actif, cherchez les traces de griffades sur le sol, les poils laissés à l'entrée et les restes de proies alentour.

En hiver, ses empreintes dans la neige — alignées en une ligne quasi rectiligne caractéristique du trot — trahissent son passage sur les sentiers de montagne.

Comment les protéger ? 

Contrairement à ce que son statut légal pourrait laisser croire, le renard roux n'est pas une espèce dont les populations sont en excès — il n'y a d'ailleurs aucun chiffre fiable sur ses effectifs en France. Sa régulation intensive est remise en question par la science, et le débat autour de son classement en ESOD est aujourd'hui bien engagé.

Quelques gestes permettent de contribuer à une cohabitation apaisée :

  • Sécuriser les poulaillers et les petits élevages : une clôture adaptée, enterrée sur 30 cm et à mailles serrées, est bien plus efficace que toute persécution de l'animal.
  • Ne pas nourrir les renards, en ville comme à la campagne : l'accoutumance aux humains les expose à de nombreux dangers et peut générer des conflits inutiles.
  • Tenir son chien en laisse lors des randonnées, en particulier au printemps, afin de ne pas perturber les portées.
  • Soutenir les associations qui militent pour une révision du statut de l'espèce et une gestion fondée sur des données scientifiques : ASPAS, LPO, One Voice.
  • Signaler vos observations sur Faune-France ou iNaturalist : les données de présence restent utiles pour documenter la répartition de l'espèce.

Pour en savoir plus

LPO — Fiche espèce Renard roux : https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/fiches-especes/fiches-especes/mammiferes-terrestres/renard-roux

ASPAS — Campagne Renard : https://www.aspas-nature.org/nos-combats/renard/

INPN — Vulpes vulpes : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/60585

Artois M., Le Renard roux (Vulpes vulpes), Encyclopédie des carnivores de France n°3, SFEPM, 1989.

Année de rédaction de l'article : 2025